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Echos de la conférence de presse après la projection du film La révolution silencieuse (Das schweigende Klassenzimmer)

Propos choisis et résumés (Berlin 2018)

ich Garstka rend hommage à la capacité de Lars Kraume d’écrire des dialogues qui trouvent le ton juste de la façon de parler de l’ex-RDA. A la question, dans quelle mesure le film est fidèle à l’original, Lars Kraume répond que l’histoire en elle-même est vraie, mais que les biographies des différents personnages sont fictives. Par exemple l’histoire autour du père d’Eric est là pour rendre de façon condensée le passé nazi qui, dans le livre, est développé plus largement.

A la question comment il ressent l’atmosphère du film, Florian Lukas (le professeur dans le film) répond qu’il retrouve dans le film tout à fait le travestissement des valeurs d’alors, la paix, l’amitié entre les peuples, la lutte contre le fascisme etc. Il dit « Missbrauch der Werte », c’est difficile à traduire, Missbrauch étant à la fois le viol, l’abus et le mauvais usage. Dans ce cas, les valeurs positives étaient utilisées pour obtenir un comportement conforme aux attentes de l’Etat, et ce mésusage constituait une forme de viol des consciences (comme l’a démontré Renate Finckh pour le nazisme dans son roman autobiographique Nous construirons une ère nouvelle). Florian Lukas dit qu’il se souvient encore clairement comment on tyrannisait les gens avec ces ‘valeurs’, et que ça n’a pas changé jusqu’à la fin.

Ronald Zehrfled, également originaire de l’ex-RDA, ajoute que le film joue avant la chute du mur et qu’à l’époque, la plupart des gens ont cru à ces valeurs, à la création de l’homme meilleur en créant des conditions économiques plus justes. Alors dans un tel contexte on pouvait se retrouver dans une situation où il fallait prendre une décision surdimensionnée par rapport à ce qu’était au départ juste un petit lapsus.

Leonard Scheicher, un des jeunes acteurs, raconte qu’ils se sont préparés en regardant des films de l’époque, comme Berlin, Ecke Schönhauser (Gerhard Klein, 1957) et Die Halbstarken (Georg Tressler 1956), le premier de la RDA, le second de la RFA, puis qu’ils ont lu le livre, bien sûr. « Ce qui m’a impressionné le plus c’est que ces jeunes ont quitté leur famille avec rien dans les poches et avec l’idée de ne jamais les revoir. »

Jonas Dassler ajoute qu’il était important d’apprendre l’histoire de cette époque, de savoir que les jeunes d’alors étaient la première génération à passer leur bac et qu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, il n’ont pas eu ce travail de mise en question du passé, mais que tout de suite un nouvel Etat a vu le jour qui voulait faire table rase.

Lena Klenke raconte qu’ils ont eu des cours de danse avec la musique de l’époque, et que les costumes et le décor ont beaucoup aidé à se mettre dans l’ambiance.

Tom Gramenz parle de ses difficultés à se défaire des préjugés contre les gens de l’Est, n’ayant eu aucun lien de famille avec quelqu’un de l’ex-RDA.

Un journaliste pose la question si l’histoire autour de la mort faussement annoncée de Puskás était vraie. Dietrich Gerstka répond que ce n’était pas une fake news du Rias, mais que ça avait été annoncé dans le monde entier et devait donc correspondre à une fausse information au cours des événement chaotiques en Hongrie en 1956.

A une autre question, Ronald Zehrfeld répond qu’il est très heureux de pouvoir, à travers les rôles de ses derniers films, participer à remettre en mémoire une partie de notre histoire pour qu’on ne l’oublie pas. En lisant le livre de Garstka il s’est rendu compte qu’il n’avait jamais entendu parler de cette histoire et qu’il y a beaucoup d’autres histoires qu’on n’apprendra jamais. Le cinéma nous permet de faire revivre certains événements et de dire à nos enfants « voilà, ça a existé, et il est important que vous le voyiez ».

Pour Tom Gramenz, qui a été élevé de façon anti-autoritaire, il était très important de comprendre à quel point la liberté de penser et de se mouvoir ne va pas de soi, et il en appelle aux jeunes de sa génération à prendre conscience de ce trésor. A quoi Jonas Dassler ajoute qu’il ne faut jamais cesser de questionner le système dans lequel nous vivons et ce qui se donne comme vérité. Et de retrouver cette solidarité incroyable qu’il y avait à l’époque et qui nous manque cruellement aujourd’hui.

Waltraud Verlaguet

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