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Membres du jury œcuménique 2020
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70e Festival international de Berlin

20 février au 1er mars 2020

www.berlinale.de

Le jury œcuménique décerne des prix dans les sections Compétition internationale, Forum et Panorama. Les deux derniers sont dotés chacun de 2500 euros par l'Eglise protestante allemande (EKD) et la Conférence des évêques d'Allemagne (DBK).

 

Sheytan vojud nadarad (*Satan n'existe pas)

photo : © Cosmopol Film

réalisé par Mohammad Rasoulof (Iran / Allemagne, 2020)

Le film est une réflexion sur l’importance de la conscience à travers quatre épisodes qui racontent l’histoire de quatre hommes, qui sont chargés d’exécuter des condamnés à mort. Ces hommes jeunes sont confrontés à cet ordre durant leur service militaire ; l’un s’échappe, l’autre exécute l’ordre. Les complications et les durs conflits moraux que ces exécutions font peser sur eux plongent le spectateur dans la réalité inquiétante  du système politique et judiciaire iranien. Leurs actions ont un lourd impact sur leurs relations avec leurs amies et leurs familles. L’atmosphère de persécution politique est étouffante. Le film décrit de manière impressionnante les options qui existent et fait entrevoir les possibilités  de résistance même lorsqu’on est sous une pression politique. Il constitue une critique bouleversante de la peine de mort en général et du système oppressif iranien, grâce à ses remarquables qualités scénaristiques et cinématographiques et à un jeu d’acteurs très fort. 

Heshmat, mari et père exemplaire, se lève très tôt chaque matin. Où va-t-il ? Pouya ne peut s’imaginer tuer un autre homme, pourtant c’est ce qu’on lui demande. Javad ne sait pas que sa demande en mariage ne sera pas la seule surprise de l’anniversaire de sa bien-aimée. Bahram est médecin mais ne peut pas pratiquer. Il a décidé d’expliquer à sa nièce en visite pourquoi il vit comme un paria. Les quatre histoires de Sheytan vojud nadarad (There is No Evil) offrent des variations sur le thème de la force morale et de la peine de mort, examinant dans quelle mesure la liberté individuelle peut s’exercer sous un régime despotique et ses menaces que l’on semble ne pouvoir fuir. Mohammad Rasoulof crée un lien narratif ténu entre ces histoires et pourtant elles sont unies de manière inexorable et tragique. Dans un contexte structurel d’oppression, le choix semble être limité à résister ou survivre. Mais, avec chaque histoire brusquement interrompue, nous sommes appelés à réfléchir à la manière dont les hommes et les femmes peuvent affirmer leur liberté même dans de telles situations.

Les articles en ligne pour Sheytan vojud nadarad (*Satan n'existe pas) :

Otac (*Père)

© Maja Medic/Film House Bas Celik

réalisé par Srdan Golubovic (Serbie / France / Allemagne / Slovénie / Croatie / Bosnie-Herzégovine, 2020)

Ce road movie est fondé sur une histoire vraie, celle d’un père qui a marché 300 km de sa province jusqu’à la capitale serbe pour montrer sa volonté désespérée de reprendre ses enfants. A cause de la situation économique précaire de la famille et d’un acte de désespoir fou de sa femme, les enfants leur ont été enlevés pour être confiés aux services sociaux. 

Le film montre que le système serbe souffre encore d’un arbitraire hérité du socialisme, de la corruption, d’un fossé entre le monde urbain et le monde rural et d’un état d’abandon insupportable de l’ensemble du pays. Pourtant le père réussit à surmonter ses sentiments de culpabilité et les difficultés et provocations qu’il rencontre sur son chemin vers Belgrade, par son attitude réservée et non-violente. Dans le caractère du père, le jury reconnaît une attitude exemplaire de ténacité et de recherche de la justice sans faire de mal à autrui. Ainsi le père devient un héros sans qu’à aucun moment il se considère lui-même comme un héros. 

Après la tentative de suicide de sa femme, les deux enfants de Nikola, travailleur occasionnel journalier, lui sont retirés et placés en famille d’accueil. Arrangement temporaire, lui dit-on. Mais, après évaluation de son logement, le chef des services sociaux de leur petit village serbe décide qu’il est trop pauvre pour assurer des conditions de vie suffisantes à ses enfants. Nikola décide de porter plainte au ministère des Affaires sociales à Belgrade. Il est déterminé à parcourir à pied les 300 km qui le séparent de la capitale. Il veut montrer de cette manière jusqu’où il est prêt à aller pour ses enfants –au sens littéral.

Les articles en ligne pour Otac (*Père) :

Saudi Runaway

© Christian Frei Filmproductions

réalisé par Suzanne Regina Meures (Suisse, 2020)

Son prochain mariage va changer pour toujours la vie de Muna. C’est le jour où elle doit prendre sa décision, non pas sur son mari, que l’on a déjà choisi pour elle, mais sur la question de savoir si elle va chercher sa liberté hors de l’Arabie Saoudite. Femme courageuse prête à affronter les difficultés et les dangers, Muna organise son évasion de la société patriarcale qui est la sienne. Précisément parce qu’elle aime et respecte les valeurs familiales, elle doit partir. Ce récit d’apprentissage et d’affirmation de soi est une histoire vraie, authentique et émouvante, entièrement réalisée à partir de vidéos prises avec des Smartphones. Suzanne Regina Meures, comme réalisatrice, et Muna, comme protagoniste et sujet, ont créé plus qu’un film ; ensemble elles ont mis du féminisme dans les Smartphones et fait de la dignité des femmes un pont entre les nations plutôt qu’une frontière. Et, ensemble, elles ont introduit en Allemagne une jeune femme qui trouve son bonheur dans le soleil intérieur de la liberté – et même dans la pluie au dehors. 

A l’aide de son Smartphone une jeune femme nous emmène dans son monde : une vie derrière des portes fermées, un voile et une façade de famille respectable. La vie de Muna est déterminée par son père et un futur mari dont il est beaucoup question. Réalisant que son passeport est sur le point d’expirer et qu’aucun de ces hommes n’acceptera son renouvellement, elle projette de s’échapper d’Arabie Saoudite. Des moments de pure joie de vivre – comme lorsque Muna s’émerveille devant le spectacle d’un rare  orage – contrastent avec sa situation oppressante. Ignorant les risques encourus, elle enregistre secrètement les hauts et les bas de sa vie quotidienne : la vue trouble du monde qu’elle voit à travers son voile ; l’absence de contraintes des femmes entre elles ; la menace rampante du mariage forcé, aussi bien que les réunions en communauté lors des fêtes musulmanes.

Les articles en ligne pour Saudi Runaway :

Seishin 0

photo © Laboratory X, Inc.

réalisé par Kazuhiro Soda (Japon / Etats-Unis d'Amérique, 2020)

Grâce à un usage subtil mais efficace des outils cinématographiques, notamment la caméra et le montage, le film montre l’influence qu’a sur ses patients le psychiatre Masatomo Yamamoto et la peur qu’ils ont de leur vie future sans lui, alors qu’il approche de la retraite. Comprenant leur détresse, et en les encourageant gentiment, il les motive et les accompagne dans leur volonté d’aller de l’avant. La deuxième partie du film le montre après sa retraite, passant du temps avec sa femme atteinte de démence. Impressionnant dans son apparente simplicité, le film est un monument à la dignité et à la compassion humaines. Un film émouvant sur la valeur de l’attention aux autres dans une société motivée surtout par l’argent et la réussite sociale. 

Le docteur Yamamoto est un psychiatre de 82 ans sur le point de prendre sa retraite. Dans les années soixante il s’est battu pour ouvrir les portes des institutions psychiatriques fermées. Le film Seishin, aussi de Kazuhiro Soda (Berlinale Forum 2008) était centré sur la carrière de ce médecin. Il sert de point de départ pour Seishin 0 : le Dr Yamamoto reçoit ses patients pour la dernière fois, la caméra observe patiemment, enregistrant les plus petits mouvements et gestes, les soucis, les silences, la tristesse et le réconfort. Une fois la pratique terminée, le film se concentre sur la relation entre M. Yamamoto et sa femme, qui souffre de démence. Sa patience aimante est l’élément le plus frappant : elle fait du film un document d’humanisme, libre de toute trace de sentimentalité, qui observe avec une grande précision les défauts, les faiblesses et le déclin mental, les saisissant comme faisant simplement partie de l’existence humaine.

Les articles en ligne pour Seishin 0 :

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